Michel Henriquet

  • Depuis la rédaction de Gymnase et Dressage et la publication de sa deuxième édition, onze ans se sont écoulés au cours desquels, le travail quotidien de chaque cheval m'a confirmé dans l'excellence insurpassée des règles coulées en 1731 dans « l'École de Cavalerie » par La Guérinière et de leur philosophie merveilleusement exprimée : « Les principes, au lieu de s'opposer à la nature, doivent servir à la perfectionner par le secours de l'art ». Chaque instant vécu à cheval, j'ai rendu hommage à la mémoire du Maître Nuno Oliveira disparu voici onze ans. Restaurateur de l'âge d'or de l'art équestre et subtil révélateur du meilleur de l'héritage bauchériste, il en fit la synthèse qu'il désignait lui-même comme l'équitation classique de tradition française. Dans cette période, j'ai été amené à exercer régulièrement un enseignement de haut niveau tant auprès des écuyers du Cadre Noir à l'École nationale d'équitation que chez moi et à l'étranger avec des cavaliers de tous horizons. J'ai maintes fois perçu combien l'oubli des principes classiques expliquait la réelle dégradation de l'équitation de base. La volonté des responsables de la formation des cadres de l'équitation d'en faire des animateurs plus que de fins techniciens produit une génération cruellement dénuée de moyens que beaucoup d'élèves, soucieux de perfectionnement, attendent d'eux. Cette démagogie, quasi politique, pose un réel problème à tous ceux qui aspirent à une formation sérieuse dans les centres équestres où ils se présentent. Enfin, sur le plan de la recherche que je n'ai cessé de poursuivre, un élément nouveau m'a fait reprendre le paragraphe consacré à l'extension et à la descente d'encolure. Cette nouvelle édition me permet de livrer cette étude à tous les insatisfaits des rênes allemandes et des « tractions vers le haut pour faire tirer le bas". Michel Henriquet

  • Et si la pratique d'un métier était aussi un parcours initiatique, un chemin vers la connaissance de soi et du monde ? Jour après jour il fallait absorber les chocs et la percussion qui ébranlaient notre assise, se transmettaient à nos membres, parasitant nos indications de direction.
    Cette ascèse s'imposait pendant des dizaines d'années. Jusqu'à ce qu'on puisse faire ce constat : " le cheval et moi ne bougeons plus séparément mais ensemble ". Pris l'un par rapport à l'autre, nous sommes immobiles. C'est le début de la " centaurisation ". Nous sommes " avec nos chevaux ". De cette position fonctionnelle, attitude travaillée et acquise, va dépendre le développement du cavalier et du dressage qu'il élabore.
    Elle détermine l'équilibre de la masse dont elle déplace le centre de gravité en fonction des airs et des allures recherchés. A ce stade, on atteint le niveau de l'art et le véritable bonheur équestre. L'usage des mains et des jambes n'a plus qu'une valeur subsidiaire.

  • Il existe quelques biographies des écuyers qui firent l'équitation française. Elles ont été rédigées par des chroniqueurs dont les sources sont, dans la plupart des cas, historiquement fondées. Mais on ne saurait en dire autant de leur pratique et de leur expertise équestre, qui les a amené à des appréciations souvent erronées et contradictoires sur les oeuvres qui constituent l'essentiel de l'Equitation Classique. La confrontation de leurs opinions à la réalité des textes laisse à penser que leur lecture en fut superficielle, voir même esquivée. Cela donne un ensemble d'avis communs, parce que repris par les uns sur les autres, qui forment une vulgate truffée d'erreurs qui, hélas, a pris place dans l'inconscient collectif équestre.
    En effectuant un retour aux textes, Catherine et Michel Henriquet nous obligent à reconsidérer nombre de valeurs admises, et nous apportent, par là-même, de sérieuses surprises.

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