Belin Equitation

  • Il existe quelques biographies des écuyers qui firent l'équitation française. Elles ont été rédigées par des chroniqueurs dont les sources sont, dans la plupart des cas, historiquement fondées. Mais on ne saurait en dire autant de leur pratique et de leur expertise équestre, qui les a amené à des appréciations souvent erronées et contradictoires sur les oeuvres qui constituent l'essentiel de l'Equitation Classique. La confrontation de leurs opinions à la réalité des textes laisse à penser que leur lecture en fut superficielle, voir même esquivée. Cela donne un ensemble d'avis communs, parce que repris par les uns sur les autres, qui forment une vulgate truffée d'erreurs qui, hélas, a pris place dans l'inconscient collectif équestre.
    En effectuant un retour aux textes, Catherine et Michel Henriquet nous obligent à reconsidérer nombre de valeurs admises, et nous apportent, par là-même, de sérieuses surprises.

  • Chaque cavalier qui saute la moindre barre sait-il ce qu'il doit à Frederigo Caprili, l'Italien, et à Pierre Danloux, le Français ? Au début du XXe siècle, les deux écuyers mettent au point une méthode et un style qui modifient radicalement la monte en extérieur, alors que naît le concours hippique.
    Sans eux, le saut d'obstacle tel qu'il est pratiqué aujourd'hui n'existerait pas. A 20 ans d'intervalle, de chaque côté des Alpes, ils partagèrent une curiosité, un sens de l'observation - et une ténacité- extrêmes. A force d'études sur la locomotion du cheval, ils luttèrent contre la position dite classique : épaules en arrière, jambes en avant et rênes tendues. Caprilli et Danloux voulaient que le cheval garde la liberté de son encolure et que la cavalier, en adoptant une position en équilibre, ménage la bouche et le dos de sa monture.
    Si les chevaux avaient une mémoire collective, nul doute qu'ils voueraient une reconnaissance intense à Frederigo Caprillio et à Pierre Danloux.

  • Il fut et est sans doute encore le plus célèbre des cavaliers français, avec son complice de toute une vie, Pierre Jonquères d'Oriola.
    En seulement sept années de compétition, entre 1946 et 1953, il remporta la médaille de bronze en individuel aux Jeux Olympiques de Londres en 1948 et une centaine de victoires internationales, avec plus de 50 chevaux différents.
    Mais on ne peut pas réduire le Chevalier à un itinéraire équestre, même si les chevaux furent la grande affaire de sa vie. Il mit sa passion, sa détermination et son intelligence au service d'autres disciplines : le stock-car, l'aviation, la navigation. Il fut aussi chasseur de grands fauves en Afrique et ne revint en France que pour prendre le poste d'entraîneur national. Il amena l'équipe de France de sauts d'obstacle à la première place des JO de Montréal en 1976.
    Comment le qualifier ? Aventurier. Imperméable à l'ennui, toujours prêt à partir, au bout de la rue ou du monde pour mener à bien son projet, aussi délirant soit-il, comme former des cavaliers en un mois, ou partir pour l'Inde en canot pneumatique.
    Jean d'Orgeix (1921-2006) a commencé sa vie en tant qu'acteur et, malgré son titre de vieille noblesse, fut un enfant de la balle. Il assure avoir tout appris non d'un écuyer mais d'un comédien. Louis Jouvet.
    Chercheur passionné, il a transmis son savoir dans une dizaine de livres, autant de DVD et des centaines de stages. Tous les cavaliers de CSO ont en eux quelque chose de Jean d'Orgeix !

empty