Actes Sud

  • Nul n'a voyagé à cheval autant qu'elle. Nul ne connaît mieux quelle la planète équestre : des pampas argentines aux déserts australiens, des hauteurs himalayennes aux profondeurs des canyons américains, des savanes d'Afrique aux steppes d'Asie centrale, de l'Ethiopie à l'île de Pâques. Anne Mariage a parcouru en selle les cinq continents.
    C'est une randonnée en immersion dans la nature sauvage qui a fait basculer sa vie. Après avoir commencé à enseigner les lettres, Anne choisit de changer de métier et décide de ne plus vivre qu'à cheval. Désireuse de partager sa passion, elle crée en 1972 un concept de voyages qu'elle appellera "Cheval d'Aventure". Ce sera vite le rendez-vous des cavaliers en quête de découvertes, un groupe d'amis. "presque une tribu". dira un habitué. Elle leur propose des randonnées aux quatre coins du monde. En quarante ans. Anne Mariage entraînera ainsi dans d'inoubliables chevauchées des milliers de cavaliers unis par le même amour de découvertes authentiques.
    En une trentaine de chapitres, elle raconte ici ces voyages qui ont été pour elle et ceux qui l'accompagnaient l'occasion de découvrir chaque fois des paysages inconnus, des races de chevaux et des techniques équestres différentes, mais aussi et surtout de nouvelles personnes et d'autres cultures. Aussi cet ouvrage est-il à la fois un recueil de belles histoires pour rêver d'évasions lointaines ou de rencontres émouvantes et un extraordinaire atlas mondial de peuples cavaliers.

  • Le général Alexis L'Hotte passe pour le plus orthodoxe promoteur de l'équitation classique française, aujourd'hui inscrite au patrimoine immatériel de l'humanité. Elève chéri de deux fameux écuyers antagonistes, François Baucher, « l'artiste sublime », et le comte d'Aure, « le plus parfait centaure », L'Hotte se voit crédité d'une synthèse illusoire de l'enseignement des deux maîtres.
    En vérité, il a pioché chez l'un et chez l'autre au gré des situations sans pour autant échafauder une véritable doctrine. Son « Calme, en avant, droit » peut orienter une quête ; il ne fonde pas une méthode.
    Beau, élégant jusqu'à la coquetterie, sobre et précis, L'Hotte subjugua tous les cavaliers qu'il eut à former, à Saint-Cyr comme à Saumur. Il fascina la cour impériale, se fit encore du tout jeune Lyautey un admirateur indéfectible. Il demeura néanmoins un maître avare de conseils. Quant il mettait pied à terre, c'était aussitôt pour prendre des notes, debout à son plan de travail, solitaire et silencieux. Et, paradoxalement, cette distance accrut son prestige. Pour le reste, le général ne combattit jamais, ce qui le distingue notoirement de tous ses frères d'armes. Il n'en fut pas moins autorisé à prononcer des avis définitifs - et parfaitement rétrogrades - sur les nécessaires mutations de la cavalerie militaire ; légitimiste notoire, il n'en fut pas moins le « fusible » de ministres républicains. Jamais, enfin, il ne pressentit le naufrage de la civilisation équestre.
    Un pédagogue taciturne, un soldat sans guerre, un politique fourvoyé, ce pourrait être un peu court. Cependant l'impeccable parcours de l'écuyer se confond avec l'histoire de la question équestre au XIXe siècle. Or jamais jusqu'alors la question n'avait à ce point obnubilé les esprits. En effet, le paradoxe mérite d'être relevé, le « siècle de l'industrie » fut aussi, et d'abord, presque, celui du cheval.

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